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Camille Molitor

Camille MOLITOR (1877-1939)

Eric Laureys, avec Marc Molitor.

Comme son frère Lambert Molitor, Camille Molitor passe son enfance dans les Ardennes. Il obtient un diplôme d’arpenteur à Arlon en 1894. L’année suivante, c’est aussi à Arlon qu’il rejoint l’Administration du cadastre. Il est muté à Ostende en 1899 et à Bruges en 1902. 

 

Carrière en Perse.

En octobre de cette même année, il suit l’exemple de son frère Lambert Molitor et s’embarque pour rejoindre un petit groupe de fonctionnaires belges commis à la réforme des administrations de l’Empire perse depuis 1898. 

Contrairement à son frère et à la majorité des fonctionnaires belges en Perse, Camille Molitor – après une affectation relativement courte à Meched et des inspections dans la région de la mer Caspienne - , est attaché à l’administration centrale à Téhéran et remplace Joseph Naus (voir notice) à la direction des services postaux dès février 1904. Il y réorganise le service des colis postaux avec l’Europe et se distingue surtout dans la lutte contre le système de fermage des bureaux de poste qui était appliqué en Perse. Il est également la cheville ouvrière des accords internationaux obtenus avec les Indes (1905), l’Allemagne (1906) et l’Empire ottoman (1907). Camille Molitor doit non seulement faire face au départ de son chef, Joseph Naus, ministre d’état aux finances impériales dans des conditions difficiles en avril 1907, mais également à la réaffectation de ses vingt collaborateurs belges aux douanes, le laissant avec le seul personnel persan pour instituer le transport postal motorisé, augmenter le nombre de bureaux postaux, réinstituer la boîte aux lettres et augmenter la fréquence de la distribution du courrier. Le plus grand souci du directeur général des postes consiste à aligner la règlementation persane en matière postale aux normes internationales.

Mais il doit également faire face à l’immixtion étrangère, phénomène endémique en Perse. En effet, lors de la Première Guerre mondiale, en 1915, les incursions ottomanes à l’est de la Perse, la manipulation du parlement persan par les Russes et les Britanniques, mais aussi la menace d’une présence militaire allemande renforcée affaiblissent la présence belge en Perse. Bien que la direction belge des services postaux survive à la crise, elle se heurte bientôt à l’expansionnisme britannique au sud du pays. Depuis une quarantaine d’années, les Britanniques exploitent leur propre réseau postal au sud-est de la Perse. Pendant la guerre, ils font en plus mainmise sur les bureaux d’Ahwaz, Mohammareh et Hendjan, à proximité de leurs installations pétrolières d’Abadan au sud-ouest. Inutile de préciser que le pétrole avait acquis, pendant la guerre, une importance stratégique. Camille Molitor brave l’hégémonie britannique et réussit à obtenir la condamnation des bureaux de postes britanniques du sud de la Perse au congrès de l'Union postale universelle tenu à Madrid en août 1920. À son retour Camille Molitor est licencié par le Premier ministre pro-britannique Zia ed-Din Tabatabaï. Une virulente campagne de presse anti-Molitor, orchestrée par les Britanniques, compromet plus encore la mission belge. Ceci n’est que le prélude de tentatives insistantes de la Grande-Bretagne pour déloger les missions occidentales en Perse afin de favoriser le désordre, généralisé à cette époque, et forcer la Perse à signer un accord établissant l’hégémonie britannique sur la Perse. Ces tentatives aboutiront au coup d’état de Reza Khan, le futur Reza Shah Pahlavi voué à la cause des Anglais, le 20 février 1921. Camille Molitor doit faire face à de multiples intrigues et se justifier devant une commission. La commission lui donne raison. Camille Molitor retrouve alors sa place de Directeur général des Postes.  Il rentre en Belgique en 1922, fatigué et malade.

Il ouvre un commerce de tapis à Bruxelles et conseille le service du Commerce extérieur. Lors de la libération du poste d’administrateur des services postaux en 1925, Camille Molitor envisage malgré tout de poser à nouveau sa candidature, un geste motivé en partie par les difficultés qu’il éprouve à obtenir le payement de sa pension. Le parlement persan, conscient de l’enjeu financier des arriérages, s’y oppose.

Il rejoint brièvement l'Administration du cadastre en juillet 1931 au 15 juillet 1932. Mais il est hospitalisé à Saint-Pierre à Bruxelles le 31 octobre 1938 et décède le 7 janvier 1939.

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Camille Molitor, en inspection avec des douaniers dans la région d'Astara, 1904.